Fin d’us

  • Posté le : 26/10/2006 - 06:46
  • par : Yann

Notre session "Us et coutumes" s'est terminée mercredi vers 13h. Selon moi, tout immigrant au Québec qui n'a jamais vécu de choc culturel a tout intérêt à assister à cette rencontre. Lorsque l'on débarque dans une société sensiblement différente de la nôtre, on court constamment le risque de passer pour impoli ou de blesser des gens sur un simple quiproquo. Une Française m'avait ainsi raconté qu'elle avait subi la honte de sa vie à Montréal en montant dans un bus à la parisienne, sans ce soucier des autres usagers qui faisaient la queue. Sentant que tous les gens présents dans le véhicule la regardaient d'un oeil noir, elle a demandé à son voisin de siège si elle avait fait quelque chose de mal. Il lui a simplement rétorqué qu'elle était passée devant tout le monde. Ce fut un grand moment de solitude. La formation que nous avons suivie nous a enseigné de nombreuses particularités de la société québécoise dont la connaissance nous évitera sans aucun doute quelques situations gênantes de ce style, notamment dans le monde professionnel. Même après avoir vécu un an au Québec, de nombreuses subtilités m'étaient encore inconnues. Ayant passé une bonne partie de mon temps à l'université, je ne pouvais par exemple pas savoir que ne pas se rendre dans les 5 à 7 en entreprise était souvent mal vu, ou qu'il valait mieux éviter d'ouvrir le tiroir d'un collègue de bureau sans y avoir été expressément autorisé, même si c'est juste pour lui emprunter son agrafeuse. Après nous avoir présenté durant deux matinées des notions théoriques pour appréhender une culture, l'animatrice a consacré la dernière demi-journée à un rapide cours d'histoire de la Belle Province, dans l'optique de nous éclairer sur les origines de la manière de penser des Québécois. Nous avons passé le reste de la séance à travailler en groupe sur des études de cas tirées de témoignages reçus par le Ministère de l'Immigration. Chacun d'eux présentait un exemple de conflit ou de malentendu entre immigrants et Québécois dans le monde du travail, et nous devions les commenter. Le but n'était surtout pas de désigner un coupable, mais de déceler les raisons qui avaient amené chaque protagoniste à agir ainsi à l'aide des méthodes et des concepts qui nous avaient été transmis. Dans notre groupe, nous devions par exemple analyser l'histoire d'un immigrant d'Europe de l'Est nommé Victor, employé très apprécié qui se voit promu superviseur de ses anciens coéquipiers. Contre toute attente, ces derniers se plaignent rapidement au grand patron de leur nouveau supérieur, accusé de ne plus les respecter et de donner des ordres en restant les bras croisés. Plutôt que de condamner les subalternes forcément jaloux ou le superviseur forcément méprisant, nous devions essayer de déceler l'origine du désaccord. En l'occurrence, le superviseur provenait d'un pays où le rôle de superviseur consiste essentiellement à prendre des décisions et à donner des directives, tandis que dans la société québécoise, les employés s'attendent à ce que ce dernier les consulte avant de faire des choix et mette la main à la pâte. Je résume mais l'idée est là. Je trouve cette approche très saine et pragmatique. Selon moi, les conflits entre cultures proviennent très souvent d'une méconnaissance réciproque, chacune attribuant erronément à l'autre une intention de nuire. On peut certes tomber sur des personnes faisant preuve d'une mauvaise volonté monstrueuse, mais ce n'est pas le cas le plus fréquent. Prendre de la distance et essayer d'analyser une situation permet en outre de s'en détacher et de moins en souffrir. J'ai également aimé la conclusion de l'animatrice selon laquelle, même si on peut dresser le portrait générique d'une société, ce sont toujours des individus à qui l'on a affaire, et qu'il faut aussi tenir compte de leur identité. Pour quitter en beauté cette session, j'ai infligé un revers à l'ours qui sommeille en moi en réussissant à réclamer les coordonnées des personnes avec qui j'avais sympathisé durant la formation.

Commentaires

Bonjour, j'ai lu attentivement tes notes sur les cours données par Immigration Québec. Ma femme à également immigré à Montréal cet été et a suivi les mêmes cours. Sans avoir assisté au cours, j'étais tout de même agréablement surpris de la qualité des cours et de tout ce que ma femme a apprise lors de ses séances. Je ne savais pas que le gouvernement faisait autant d'effort pour bien intégré les nouveaux arrivants. J'encourage tout les nouveaux arrivants à participer à ses cours. Il y a là une tonne d'information à apprendre qui peuvent donner un vrai coup de main pour bien démarrer sa nouvelle vie au Québec. Merci de nous l'avoir partagé!

Hierarchie moins pyramidale et plus horizontale ?? En tout cas, je constate que ce n'est pas qu'en Asie qu'il y a ce "allons boire un verre avec les collegues apres le boulot" - obligatoire qq part !! Par contre, meme en France, je ne permets pas d'ouvrir le tiroir de mes collegues !! c'est mal docteur ?

Visiblement, ce n'est pas l'ambiance "allons boire un verre avec les collègues après le boulot", mais plutôt "un pot est organisé dans l'entreprise". En France, je n'avais pas non plus l'habitude d'ouvrir les tiroirs de mes collègues, mais ça a dû m'arriver une ou deux fois dans l'urgence pour emprunter une agrafeuse, en sachant qu'il y en avait une :-).

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