Imprégnation

  • Posté le : 03/12/2011 - 18:06
  • par : Yann

Lorsque j'ai annoncé à mes connaissances que je partais m'installer à Montréal, plusieurs d'entre elles m'ont averti que je risquais de prendre l'accent local. Malgré mon scepticisme initial, je dois avouer que ma façon de parler a changé au fil des années, même si cela m'a pris plus de temps qu'à Coeur de pirate pour prendre son accent français.

Pour commencer, j'ai dû repérer les nombreux faux amis qui existent entre le français de France et celui du Québec afin d'éviter des malentendus. J'ai notamment appris à ne plus utiliser le mot "gosse" pour désigner un enfant et à ne pas me sentir menacé lorsqu'un Québécois me promet de me faire goûter un plat vraiment écoeurant. Il m'a fallu du temps pour utiliser tous ces mots dans un sens différent de celui qu'ils ont dans ma langue maternelle, mais c'est tout naturellement que j'emploie aujourd'hui le mot "chaudron" pour désigner une casserole, "cartable" pour un classeur ou "journaliste" pour Céline Galipeau.

Je ne suis pas surpris d'avoir acquis par immersion de nombreuses expressions typiques de la Belle Province. Après plusieurs années sur les lieux, il est normal que je traite plus spontanément le distributeur de publisacs ignorant ma pancarte "Pas de circulaire" de gros cave plutôt que de pauvre con, et ceci juste dans ma tête puisque je me suis également adapté à la coutume locale d'évitement des conflits. Je suis par exemple surpris d'observer des modifications dans les structures de base de mon langage, comme utiliser l'expression "par exemple" à la place de "par contre". Encore plus troublant, j'ai remarqué que depuis quelques temps, j'ai tendance à prononcer "toute" le mot "tout" sans qu'une liaison ou un féminin ne le requière.

Il serait néanmoins illusoire de penser que mes québécismes me permettent de tromper plus de deux nano-secondes un pur laine sur mes origines. Ils sont juste suffisants pour que mes compatriotes se gaussent de l'accent et des expressions étranges que j'ai prises, ou pire, me soupçonnent de les utiliser ostensiblement par pur snobisme.

Enfin, du moment que je ne parle pas d'"aréoport", c'est correct.

Commentaires

In my opinion, Utiliser les expressions locales ne veut pas dire qu'on a l'accent :)

Je ne suis là que depuis un an et demi, j'utilise certaines des expressions courantes (cartable, gomme, etc.) parce que je trouve ça naturel au bout d'un moment mais je ne pense pas un jour avoir l'accent. Ça par contre je trouve qu'il faut être motivé pour l'avoir...

L'aréoport : ça c'est trop fort, je pensais mal entendre les premières fois qu'on me l'a dit.

En tout cas, c'est "comprenable" ! C'est un peu logique de s'imprégner des expressions au sein d'un groupe ;)

J'en ai beaucoup parlé avec des amis Français de toutes origines (régions françaises, évidemment) de la raison qui faisait que même après 20 ans, un Français n'avait toujours pas l'accent québécois, à moins d'y travailler très fort tous les jours, ou d'être comédien ce qui semble donner une facilité particulière. On peut voir le cas de Gad Emaleh, qui n'est pas né en France, c'est le seul "Français" à ma connaissance à pouvoir prendre notre accent et c'est à s'y tromper! :)

Les Québécois prennent plus facilement un accent "français" parce que vous avez plusieurs régions! ;) Et plusieurs accents! Vous ne vous en rendez sans doute pas très compte...mais pour tous les Québécois, un accent "Français", c,est un accent "Français" peu importe la région! Sauf que nous, si on utilise des termes un peu plus neutres, un français plus "standard", on se fait automatiquement étiqueté de quelqu'un qui vient de la campagne! (Provincial, ce qui semble être un terme très péjoratif dans la bouche d'un Parisien.) Mais Français tout de même, on arrive pas vraiment à identifier notre accent, si on y ajoute pas les termes les plus connus de tous. De toute façon, à Paris, si on veut se faire comprendre, il faut vite prendre le bon accent! Sinon, on vous dit constamment : Paaaaaaardon ! Alors, on apprend par imitation si on veut finir par avoir notre croissant! :) (Expérience vécue!)

Et on apprend qu'on dit: parking, au lieu de stationnement et pas avec un accent américain, mais bien avec l'accent français! :) Un drugstore au lieu d'une pharmacie, le ticketing au lieu de la billeterie...et j'en passe et des meilleures! :) Même sur les portes, c'est souvent écrit: pull et push, au lieu de pousser et tirer...alors, la solution pour nous faire comprendre, c'est souvent de parler anglais! :)

Et pour ma part, comme j'ai une mère qui a été enseignante toute sa carrière, elle nous corrigeait beaucoup lorsqu'on utilisait des termes qui n'étaient pas appropriés, alors, je n'ai jamais dit ça: aréoport! :))) Ou peut-être quand j'avais 3 ans! Et nous n'étions pas du tout encourager à sacrer (jurer) avec nos nombreux termes d'église! :)

Mon père avait un très bel accent quand j'étais jeune, ça s'appelle un accent gaspésien et c'est aussi mélodieux qu'un accent marseillais, par exemple! Alors, nous aussi, nous avons de nombreux accents, il s'agit de bien prêter l'oreille! :)

Mais est-ce que c'est vraiment possible pour un Français de passer pour un Québécois de souche, ça, j'en doute! :) Sauf pour un autre Français qui n'a jamais mis les pieds ici! Alors, bon courage à tous les expatriés dans ce dur labeur! :)

"Mais est-ce que c'est vraiment possible pour un Français de passer pour un Québécois de souche, ça, j'en doute! :) Sauf pour un autre Français qui n'a jamais mis les pieds ici! Alors, bon courage à tous les expatriés dans ce dur labeur! :)"

Totalement d'accord mais malheureusement certains croient qu'ils en seront capables (de parler le français québéquois de n'importe quelle région) et que ça sera le signe de leur bonne intégration ;)

Ce n'est pas mon but en tout cas : à part prendre quelques petites expressions (demander une chocolatine au lieu d'un pain au chocolat, etc.). Ce qui me vaut parfois certaines corrections lors de travaux rendus à la fac (des petites choses comme les accents sur les majuscules que mon clavier oublie de mettre car pas adapté, etc.)

En france je n'ai jamais dit drugstore ni ticketing ...Puis pour les parisiens c'est bien connu que ce sont pas les plus accueillants hahaha...

Merci pour l'article qui finalement décrit bien ce que peut vivre un expat : l'imprégnation et non l'imitation ou l'assimilation ;)

Parking n'est pas un mot anglais. Ce sont les Français qu'ils l'ont inventé... Y'en a plein comme çà... Ca doit faire bien comme çà les français ont l'impression de parler anglais (humour;;; j'suis français); DOM.

certains croient qu'ils en seront capables (de parler le français québéquois de n'importe quelle région) et que ça sera le signe de leur bonne intégration ;)

Beaucoup d'expats sont coupables de cette naivete, surtout en debarquant dans leur nouveau pays. Quelquepart, c'est normal car la langue souvent est la difference la plus flagrante entre le pays d'origine et le pays d'expatriation. Alors on se dit que quand on saura parler "comme eux", les habitant du pays d'expatriation, ce sera gagne sur tous les tableaux. Une fois sur place, on se rend compte evidemment rapidement que la realite est differente. Je pense que c'est quand meme peut-etre plus difficile au Quebec pour des francais, car la difference fondamentale de langue et de culture peut etre sous-estimee car justement, tout le monde parle francais! Alors ca doit etre tentant de se dire que les choses ne sont pas si differentes, entre le Quebec et la France, et que ca ne doit pas etre si difficile que ca de s'adapter. Pour ceux qui s'expatrient dans un pays de langue completement differente, on ne peux pas se cacher plus de 5 minutes apres avoir debarque qu'on ne comprend rien a rien et que ca va etre du boulot pour changer ca.

Je te comprends. Pareil ici et le pire c'est que ça me fait la même en anglais. Ma mère étant british, j'ai l'accent british mais en Angleterre on me dit que j'ai l'accent canadien et ici on me dit que j'ai l'accent british. I dont belong anywhere!

Même chose pour moi, ou presque, entre la Suisse et le Québec. Je suis né à Montréal mais mon père est Helvète et mon français a longtemps paru plus européen que québécois, pour les gens de mon entourage. J’ai éventuellement appris à parler québécois et je ne me fais désormais plus traiter de «Maudit Français». Mais ça m’a demandé toute une adaptation, à l’adolescence.

Euh je n'ai jamais entendu dire drugstore ni ticketing. Et je suis (enfin j'étais) parisienne. Les québécois semblent affectionner un certain nombre de mythes a ce sujet.

Sinon, c'est la meme chose pour moi. Je prends de plus en plus des expressions québecoises (a force de vivre avec un québecois...). Moi accent change aussi très légèrement. J'ai du mal a m'en rendre compte, mais ma famille française me le fait souvent remarquer. Je suis donc dans la position ingrate ou j'ai un accent français au Québec et un accent québecois en France. En revanche, après quelques semaines en France je retrouve très vite ma façon de parler a la française.

Je pense que c'est normal. Je ne souhaite pas a tout pris prendre l'accent québecois - de toute manière je serais toujours catégorisée comme française ici, et quelque part, ça me rassure - mais je ne "combat" pas non plus l'arrivée d'expressions québécoises dans mon vocabulaire. Sauf quand c'est réellement des fautes de français. Je pense que l'intégration se fait petit à petit, sans forcer. Un accent québecois forcé est très vite ridicule. Par contre, j'ai rapidement epuré mon langage de quelques expressions bien parisiennes qui me valaient toujours de regards perplexes.

Pour moi, le plus long a changer, ce sont les grossieretés. Quand je suis en colère, je suis très française. Mais l'autre jour, en lachant un objet, j'ai tout naturellement laché un "voyons, sti!". Ca m'a fait tout drole. C'est peut etre ça, l'intégration.

Merci pour vos témoignages. Je ne pensais pas que ce sujet était aussi fédérateur, coudonc :-).

C'est la belle Arielle Domballe qui avait sortie le ticketing il n'y a pas si longtemps à Tout le monde en parle, et personne ne savait de quoi elle parlait! :)) Peut-être que drugstore, c'est passé de mode...mais vous avez plus de mots anglais que nous, au Québec, il y un effort pour traduire les termes anglais.. C'est nous qui avons créer le terme courriel, mais les Français ne l'utilisent pas! C'est sûr qu'il y a des termes qui ne sont jamais passé dans le vocabulaire, comme le fameux "gaminet" pour dire t-shirt....et personne ne mange de chien-chaud! Ils ont bien essayé, mais ça a pas passé.

Disons que j'aurais pu utiliser autres choses comme exemple, ce sont les mots qui me sont venus en tête. Mais si on regarde la traduction des films américains en France, une fois sur deux, ce sont des termes en anglais...mais pas ceux du titre! ;)

De toute façon, on attend pas vraiment des Français d'avoir notre accent. Je ne crois pas que ça soit possible non plus,

Je pense que nous sommes beaucoup de Français à ne pas nous reconnaître en Arielle Dombasle. De nombreux Québécois nous disent que nous utilisons plus de mots anglais qu'eux, mais ils donnent souvent des exemples erronés, qui ne restent de toute manière que des exemples. Je pourrais moi aussi en citer des tonnes dans l'autre sens : checker, céduler, faire un bon move, un drive way, un laptop, canceller, c'est tough, c'est rough, ... En l'absence de chiffres ou d'études sérieuses, je persiste à penser que tout cela est très subjectif. La principale différence entre les Québécois et les Français est que les premiers s'inquiètent plus des anglicismes que les seconds, mais le contexte géopolitique est tellement différent que la comparaison ne me semble pas pertinente. En fait, ce sujet revient tellement souvent que je pense en faire un billet très prochainement.

Et juste pour information, "courriel" a été adopté par l'Académie Française en 2003 ( http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#courriel ), et il me semble que "bon cop, bad cop", "C.R.A.Z.Y." et "cruising bar" sont des films québécois ;-).

Au Québec, nous intégrons plus souvent les emprunts à l’anglais. «Toffe» est prononcé d’une façon différente de “tough” mais, surtout, a donné lieu à «toffer». «Magasinage» est un calque de forme sur l’anglais alors que “shopping” est un emprunt non-intégré (prononcé presque comme l’original). La langue française a plusieurs anglicismes («redingote» vient originellement de “riding coat”), mais ce qui frappe les Francophones d’Amérique du Nord, ce sont surtout des emprunts non-intégrés, qui notent généralement un processus récent. Enfant, j’avais de la difficulté à expliquer aux Francophones européens la notion de «fun». Depuis, le mot “fun” a été emprunté en Europe mais d’une façon plus distante qu’en Acadie («la fun») ou au Québec («l’fun»).

En anglais, les emprunts au français datent de temps lointains. Il y a pas mal de gallicismes qui sont intégrés phonologiquement sans l’être morphologiquement. “Vis-à-vis”, “résumé” et “genre” sont prononcés en anglais mais ne sont pas transformés en d’autres parties du discours (contrairement aux très vieux gallicismes comme “realize”). En ce sens, les Anglophones intègrent plus les emprunts que les Français mais moins que les Québécois et les Acadiens.

C’est pas que les anglicismes sont mieux que les emprunts non-intégrés. Ou vice-versa. Mais on parle de dynamismes linguistiques très différents. Bien qu’au Québec, comme en France, l’idéologie linguistique soit dominée par une langue normative centralisée (contrairement aux communautés anglophones qui ont tendance à utiliser une sorte de code d’usage, de “common law” de la langue).

J'en ai marre de cette guéguerre récurrente. Les québécois sont tous de mauvaise foi. Maintenant quand on me dit "vous les Français vous utilisez plein de mots anglais", je répond "va chier, c'est bien français ça?"

Mais ce sont des titres québécois originaux! :) Et pas des traductions...

Tu as sans doute raison, mais même si l'Académie française a accepté le mot courriel (j'avais lu ça quelque part), les Français sont peu nombreux à l'utiliser lui préférant "mail"! Il y a beaucoup de termes anglophones qui sont rentrés dans le dictionnaire sans volonté d'essayer de trouver un terme en français.

Oui, on a beaucoup d'anglicismes, parce qu'on vit près des États-Unis et que le reste du Canada parle anglais. Mais effectivement, il y a une certaine volonté à respecter et défendre la langue française. Même nos politiciens quand ils vont en France n'en reviennent pas de l'usage de l'anglais partout. Mon père a travaillé longtemps chez General Motors, alors, on a appris les termes anglos pour tout ce qui concerne les voitures, mais il y a eu une volonté de les taduire vraiment en français, et aujourd'hui, il y a des mots pour "dash", "windshield" et on les a appris.

Justement les Français n'ont peut-être pas assez peur de perdre leur langue! :)

Bon d'accord, Arielle Dombasle n'est pas représentative de la France...mais on en voit quand même beaucoup qui utilise des termes anglophones pour plein de choses, mais pas les mêmes que nous! Vous ne pouvez pas nier que c'est utilisé quand même lorsqu'on les voit et les entends à la télévison! ;)

On pourrait sûrement faire une étude comparative là-dessus....si tu cherches dans les départements de linguistiques ici, sans doute que de telles études existes et ça serait surprenant de lire les résultats!

Et j'attends ton billet avec impatience sur le sujet! :)

Pour avoir suivi un cours de linguistique à l'université (enfin, plus initiation à la linguistique...) j'aurais tendance à dire que la différence entre les anglicismes québécois et les anglicismes français, c'est le registre de langue auquel on les greffe.
En fait, alors qu'en France les mots anglais passent dans le registre neutre et que leur emploi est par ailleurs bien connoté (parce que ça fait «fashion», en un sens), au Québec ces emprunts tombent directement dans le registre populaire, d'où le fait que leur emploi ne soit pas encouragé (du moins hors des situations tout à fait informelles) et perçu comme un mauvais usage de la langue plutôt qu'un effet stylistique. C'est pourquoi le mot «parking» en France est reçu sans ciller, alors que «tire» (pneu) est accueilli au Québec avec une grimace dans les conversations où le registre se doit d'être soit neutre, soit soigné.
Par contre, je n'ose absolument pas me prononcer sur le nombre d'anglicismes que l'on peut retrouver de part et d'autre ! ... Je ne crois pas qu'un tel recensement existe, d'ailleurs.

Pas mal, comme hypothèse!
On peut voir quelque-chose comme ça dans le fait qu’au Québec “bus” (prononciation anglaise) est de registre populaire alors que «bus»(prononciation française) ne fait pas vraiment partie du lexique. Les prescriptivistes québécois ne considèrent que la variante «autobus» comme valable. (En Europe, la variante «bus» semble commune.)

Un truc qu’on peut ajouter, c’est que les registres sont des variétés contextuelles et non seulement des «niveaux». Donc les mêmes personnes vont utiliser des anglicismes dans certains contextes et pas dans d’autres. D’ailleurs, j’entendais deux types discuter dans un resto de Petite-Patrie, hier (un avocat et un expert en relations internationales). L’un d’entre eux, qui se disait «amoureux de la langue française» (il fait des mots croisés) et qui utilisait peu d’anglicismes et d’emprunts dans le reste de son discours, venait de parler de “Small Government”. Pour lui, ce concept fait partie d’un registre spécialisé. C’est comme un terme technique, qu’on utilise entre initiés.

Mais c’est vrai que l’idéologie linguistique québécoise a souvent tendance à restreindre l’usage d’emprunts et d’anglicismes.
La langue normative, au Québec, est conçue comme dénuée d’emprunts et d’anglicismes, en partie à cause du rôle de l’Office de la langue française qui se concentre sur ce genre de chose (contrairement à l’Académie française, qui a d’autres chats à fouetter). Pourtant, ce même Office propose «magasinage» comme traduction de “shopping”, dans son Grand dictionnaire terminologique. Même si ce terme est un calque de l’anglais, il est non seulement toléré mais il est utilisé dans la langue normative, tout comme «redingote» en France.

Pour ce qui est des recherches sur la question, ça existe. J’ai pas vraiment le temps d’en trouver, en ce moment, mais je suis convaincu que quelqu’un a fait une étude quantitative comparant l’usage de divers types d’anglicismes et d’emprunts, entre la France et le Québec. Une recherche Google Scholar pour «magasinage», “week-end” et Toubon risque de permettre de dénicher certains trucs.

Je suis d'accord avec Ian à ce sujet. Meme si je reconnais et j'apprécie l'effort que font les québecois pour préserver le français, mais je pense que les continuelles comparaisons auto congratulatoires avec la France (du style ah les français parlent vraiment mal français, heuresement que nous au Québec on est là etc) permettent essentiellement au québecois de s'enfoncer la tete dans le sable alors que la situation du français en France est sans commune mesure avec celle du Québec. Ce qui ne veut pas dire que certains français n'abusent pas des anglicismes, mais simplement, comme le remarque justement Ian, que le contexte géopolitique est totalement différent, et la comparaison est loin d'etre aussi evidente que semble le penser les médias québecois. A lire a ce sujet l'article récent du Devoir intitulé "Labeaume en Seine" qui fait selon un portrait assez juste de la situation.

Québécoise installée en France depuis bientôt 6 ans, je remarque qu'il y a aussi des "mythes" concernant le parler des québécois. Par exemple, lorsqu'au détour d'une conversation j'utilise spontanément un mot ou une expression incongrue en France (comme le mot "possiblement", un "cartable" dans le sens d'un classeur, "dîner" au lieu de déjeûner, bref, y'en a plein...), les gens s'en étonnent d'abord puis, alors que je corrige (afin d'être bien comprise), j'ai quelquefois comme réaction : "Ah mais vous, les québécois, vous parlez un français beaucoup plus "pur" que nous les français..." Et à chaque fois ça me choque (au sens français) parce que je ne crois pas que ce soit vrai. Nous parlons simplement un français "différent", avec ses caractéristiques propres qui ne vaut ni plus, ni moins que le français parlé en France ou ailleurs. Le français est une langue vivante qui a évolué avec les siècles selon sa situation géographique et politique.

D'ailleurs, une blague qui me fait bien marrer, illustre bien ces propos :
La différence entre un français et un québécois ?
Le français se gare au parking alors que le québécois se parke au stationnement.

Voilà, tout est dit ;-)

Sinon pour l'accent c'est un peu déstabilisant : En France on me dit que j'ai "l'accent québécois" et dès lors que je passe au Québec, on me fait remarquer que j'ai "l'accent français"....

"Nous parlons simplement un français "différent", avec ses caractéristiques propres qui ne vaut ni plus, ni moins que le français parlé en France ou ailleurs."

Parfait, ça résume tout! Et effectivement, les deux variétés de français ont évolué dans des conditions sociales complètements différentes, ce qui explique nombre de différences.

Les mots empruntés à l'anglais ne sont d'ailleurs pas forcément "mauvais", toute langue emprunte des mots à d'autres langues en évoluant. Saviez-vous, par exemple, que le mot "corridor" a été emprunté directement à l'italien à cause du prestige lié à cette langue à l'époque de la Renaissance? Pourtant, on ne le voit absolument pas comme une "tache" à l'intérieur du "français pur" (parce qu'il n'est pas une tache). C'est comme ça pour de nombreux mots anglais que l'on a naturellement intégrés à notre langue. L'anglais comporte aussi un nombre incroyable de mots d'origine francophone...

La protection de la langue française au Québec est évidemment une problématique toute autre, je dis seulement qu'il ne faut pas voir chaque mot anglais comme une "impureté" dans notre langue.

J'adore votre blog ! Plus d'articles !

Je ne me lasse jamais de ce sujet.
Je crois que l'accent, vous ne l'aurez jamais complètement. Mon père est Français (de St-Pierre-et-Miquelon), il est à Montréal depuis plus de 40 ans, et il a toujours un accent étranger... bien sûr il a perdu beaucoup, son vocabulaire de grossièretés est pratiquement exclusivement québécois, mais les sons n'ont pas été altérés. Prononcer brun et brin de la même façon, par exemple, alors qu'au Québec, c'est très distinct.
Merci de cet article, fort pertinent!
Je suis québécoise, exilée à Berlin, où j'entends peu de français, et encore moins de québécois! Ça manque! Je vous invite à jeter un coup d'oeil à mon blog, écrit en pur québécois!

Bonsoir ,

je trouve que vous soulevez un sujet passionnant, mais pour mettre tt le monde d'accord et rendre à César ce qui appartient à César : en l'occurrence à Guillaume le Conquérant, qui en traversant la Manche et soumettant l’Angleterre de Harold, a aussi imposé la langue française: la domination Normande fut aussi linguistique, et la langue de cour , de la justice et des nobles fut le français pendant de nombreux siècles. Je m'avance peu en déclarant que près de 50% de ce qui forme la langue anglaise est ... du français... à vos dictionnaires!!!! Une petite dose de langues saxonnes ( et germaniques donc) passées au blender franco-normand, et nous voici rendus à l’Ère Elizabéthaine, qui marqua la vraie naissance de l'Anglais, et la fin de l'emploi du Français à la Cour d'Angleterre . Bonjour Shakespeare! Les Français ( de France) sont quasiment les seuls en Europe a avoir voulu ''figer" leur langue .
Je rejoins tout à fait Camille et Alexandre sur ce sujet : les langues pour continuer de vivre se doivent d'intégrer tout ce qui est utile et nécessaire, et il ne faut pas voir les mots empruntés comme des impuretés... elles évoluent, tout comme les sociétés et les hommes...

Pour ma part le québecois me fascine car il a évolué en étant soumis à d'autres influences,( mais résiste encore et toujours), et pour la bilingue que je suis ( franco /US) ce n'est pas tellement déstabilisant: parfois je ''traduis'' de l'anglais et tout est limpide. Ah le patient peut débalancer son diabète , mais alors il faut céduler un examen ....Mais j'adore le mot "courriel", et quand une de mes amies m'a dit qu'elle avait les dents "croches"quand elle était petite,j'ai trouvé cela plus poétique que ''de traviole" ou ''mal alignées"! Nous venons de passer pas mal de temps au Lac St Jean, ( eh oui, dans le presque grand Nord) et leur accent et leurs expressions sont... étonnants!.
By the way, excellent blog, que je lis depuis deux ans. Euh, et quand j'étais petite je disais aréoport... à cause de l'anglais.... c'était le souk dans ma tête...( oh un emprunt!!!)

Lorsque je vivais en France pendant deux années, je me suis fait dire "ad nauseam" que j'avais un accent charmant! Alors, un jour, je me suis décidée à répondre:

"Mais quel accent? Nous n'avons pas d'accent...:)
Ce sont les français qui ont un accent!...."

J'ai eu droit à toutes sortes de réactions cocasses, je ne vous raconte pas! :))

Morale de cette histoire: Vive la FRÔÖNCE! haha!

"...puisque je me suis également adapté à la coutume locale d'évitement des conflits."
J'adore! :D

C'est tellement cool d'utiliser des expressions québécoises. Ça donne l'impression d'être intégré. Seulement l'impression...

@Markus/Michel/Caro : Je me fais beaucoup de souci pour toi. Tu sembles souffrir d'un triplement de la personnalité.

J'espère que tu n'as pas trop galéré pour te trouver un autre proxy derrière lequel te cacher pour poster tes commentaires. A propos, tu es content d'Acanac comme fournisseur d'accès ?

Faut pas les exposer au grand jour!

@Alexandre : J'aurais préféré répondre en privé par courriel, mais l'adresse est fausse. C'est le problème quand on discute avec des gens courageux. ;-)

Très intéressantes, toutes ces opinions et informations sur les anglicismes. Il n'y a pas longtemps, je suis tombé sur cette BD qui m'a beaucoup amusé : http://www.zviane.com/prout/2012/01/02/une-resolution/ .

bonjour à tous
moi je suis à québec depuis 3 ans j'ai 32 ans et j'ai décidé de reprendre mes études mais en sciences du langage et on parle très souvent du Français au Québec..

je pense et je suis même sûr que cette variété du Français est magnifique et qu'ils sont tous comme nous français du Québec différents dans nos expressions.
J'ai lu vite fait les commentaires mais je peux vous dire que beaucoup beaucoup de " remarques "( je ne dis pas négatives) sont une résultante d'énormément faits linguistique qu'on ne sait pas si on n'étudie pas les sciences du langage..anglicismes..phraséologisme....tout ce qui a rapport avec le Québec on doit le connaître pour en parler...

moi aussi au début je me disais ben c étrange tous ces termes..mais maintenant j'en connais pas mal sur le sujet et tout s'explique même "aréoport" qui n'a rien à voir avec la variété linguistique qu'est le Québécois.

Tout comme vous ...moi j'adore le Québec et leur traits caractéristiques est juste une variété tout comme le parisien, le breton, le basque...c super ...

je voulais juste vous expliquer vite fait comment il est super compliqué de pouvoir parler d'accent car ça nen est pas un en réalité :)

bye bye à tous

je suis comme désolée de ne pas me relire..je vais ce petit mail très vite..pas le temps :) donc fautes orthographes

Bonjour amis français d'ici et d'ailleurs

Je trouve cette expression très intéressante . Quant à moi on ne peut pas mieux dire sur une des différences très apparente entre nous :

"...puisque je me suis également adapté à la coutume locale d'évitement des conflits."

Je suis allé en France à quelques occasions et dans mon cas les français , en France même , ont à peu près toujours démontré beaucoup de déférence à notre égard , rien à voir avec la façon dont ils se parlent entre eux ( j'avoue que je trouverait ça un peu épuisant ) .

Ça m'amène à dire qu'un accent québécois en France c'est très très bien et très utile . D'ailleurs beaucoup de français croisés ici et là dans le monde dont au Québec se montrent inquiet de la façon dont on a été reçu lors de voyages en France . Je leur dis qu'on a probablement toujours été bien reçu parce que notre accent est repéré au premier mot .

Quant à l'accent français au Québec , si ça a déjà été perçu avec un peu de réserve autrefois
( certains arrivants prenaient un peu de temps à prendre " la coutume locale d'évitement des conflits " ) , à mon avis ce n'est plus du tout le cas .

D'ailleurs , peut-être moins qu'en France , nous avons aussi des accents locaux qui se sont déplacé et croisé partout au Québec .

Pour ma part , un accent ça ne se perd pas , même si ça peut évoluer un peu et c'est tant mieux . La diversité c'est une richesse pour les individus et pour la société . Et puis certains mots bien de chez nous prononcés par autre accent ....... ont toujours un effet très plaisant qui ouvre la porte aux taquineries ....

J'adore votre blogue. Je suis une québecoise qui a adopté le terre française depuis 7 mois et c'est un délice de vous lire. Vous avez une très belle plume!

Ceci dit, pour revenir aux anglicismes, nous avons qu'à jeter un œil au menu de KFC en France :

Double sweet and fire, Boxmaster, Brazer, Twister, Tower, Double fish, Colonel's filet, So salad crispy, Hot wings, Crispy ou fish tenders...

Et Macdo? : Chicken mythic, Chicken mcnuggets, McFish, Potatoes, Farmer salad...

C'est vrai qu'au Québec on a aussi nos anglicismes, alors cessons la guerre entre les 2 clans, on peux dire qu'on est exæquo!!!

p.s. Je m'en vais faire tcheker mes breaks sur mon char! lol

Et alors, maintenant, dans ta tête, quand tu te parles à toi-même dans le for intérieur de ton toi profond, tu dis "un vidéo" ou "une vidéo" ? Ou bien peut-être qu'avec toi-même, tu n'abordes jamais ce type de sujet...

Une vidéo :-).

N'en déplaise à celles et ceux qui affirment qu'un accent ne peut se changer, je peux affirmer que c'est faux, avec preuve à l'appui. Française arrivée au Québec depuis 37 ans, je peux dire que la majeure partie du temps je passe inaperçue. Ça m'fait toujours un p'tit v'lours de savoir que l'on ne m'a pas démasquée!
Arrivée au Québec à l'adolescence j'ai très mal vécu le fait d'être ostracisée et traitée de maudite française sans que je n'aie quelque chose à me reprocher. À cette (dure) époque de la construction de soi, je me suis imposé de changer consciemment mon accent. Je m'arrêtais sans cesse à ces petits détails, qui font que le français québécois est ce qu'il est, pour les apprendre et les intégrer. Je ne le savais pas à l'époque, mais je faisais ni plus ni moins que des observations d'ethnolinguistique. J'ai énormément pratiqué et je peux dire qu'à l'heure actuelle je suis assez satisfaite de ma performance.
Malheureusement, en petit caméléon que je suis, dès que je suis en contact avec des Français, mon accent québécois s'évapore comme par un malheureux sortilège. Autrement dit, ma nature s'adapte à mon environnement. Mais je sais faire avec!
Malgré tout, suis assez fière de mon accomplissement car je sais que c'est difficile a réaliser. Au sein de ma fratrie (de quatre) je suis la seule à avoir réussi. Mes parents non plus n'ont pas réellement modifié leur accent. Malgré que tous les membres de ma famille aient intégré des québécismes (incluant les sacres) à leur parlé, ils n'ont pas réussi à avoir l'accent.
Le plus difficile n'est pas tant d'intégrer le vocabulaire ou les expressions que de reproduire les sons spécifiques, comme par exemple d'utiliser correctement les si nombreuses et difficiles diphtongues qui font la richesse mélodique du français québécois (dire Leiz au lieu de Lizz (pour le prénom Lise), naèj au lieu de nèj (pour neige)), de prononcer correctement un â, un ê ou d'affriquer les t et les d devant i et u (Les étudiants du professeur Kevin Tuite dans son cours ANT2610, Anthropologie linguistique, sauront de quoi je parle!). Il est aussi difficile pour un français de ne pas prononcer toutes ces voyelles qui disparaissent dans le langage courant, comme de savoir dire : renseignment au lieu de renseignement. Difficile aussi de dire a pour elle, y pour il et de faire ces voyelles longues dans les phrases commençant par elle a ou elle avait: Aa pas d'classe. Difficile aussi d'évaluer comment prononcer un a voire un o (plus ou moins ouvert, plus ou moins fermé) dépendant de leur place dans le mot. Encore plus difficile d'ajouter les petites particules inutiles qui émaillent le discours ordinaire (mais pas de tout le monde) telles que : puis (pis), là, e, d', t', l: Pis j'en veux pas de d'ça, moé, là, là. Ça l'a pas maudit de bon sens. Je'n n'ai e d'besoin (J'en ai besoin).
Il est vrai que j'habite depuis 22 ans à la campagne et des phrases comme la dernière peuvent y être plus courantes qu'à Montréal, mais ici c'est simplement le parlé normal!
Mais je crois que le summum de la difficulté pour un(e) Français(e) sera de rendre son langage non sexiste puisque ceci est pour lui ou elle une sorte de non sens. Redoubler les termes afin de rendre visible le féminin (comme j'ai fait au début et plus loin), utiliser des termes épicènes ou un discours impersonnel dans un but d'égalité sexuelle est relativement inacceptable voire même inconcevable. Pour celles et ceux qui ont été élevés avec l'idée que d'une part le masculin est générique et que d'autre part le masculin l'emportait sur le féminin, que l'on puisse remettre ces règles en question dépasse l'entendement et le bon sens. Y voir là le reflet d'une culture patriarcale, androcentriste voire sexiste, dans le pays des Droits de l'Homme (sic), ce n'est souvent pas envisageable. Je sais que ceci pourrait soulever un débat, mais il reste que de nombreux Français sont surpris des relations homme-femme au Québec. Les Français trouveront les Québécoises beaucoup trop dominantes (certains iront jusqu'à penser et/ou affirmer qu'il existe un matriarcat québécois! (fait documenté scientifiquement)) et les Françaises trouveront les Québécois trop mous, trop effacés, ayant le sentiment qu'ils ne les voient pas ou ne les draguent pas, alors qu'en fait ils ont plutôt une attitude subtile et respectueuse avec des codes particuliers qu'il faut savoir apprendre pour les voir. À la fin, il se peut que les Françaises y trouvent leur compte plus que les Français. C'est toujours difficile de se faire dominer lorsqu'on n'y est ni habitué, ni préparé, alors que l'inverse peut finir par être très satisfaisant voire même attractif. Quoi qu'il en soit, il faut se garder de généraliser et préférer relativiser le comportement des Québécois et des Québécoises car il existe, ici aussi, des hommes dominants et des femmes soumises!
Finalement, on comprendra que si à l'âge de 46 ans j'ai fait une très longue démarche universitaire jusqu'au doctorat (que je fais en ce moment) en anthropologie (avec un terrain effectué au Québec, comme dans une terre exotique près de chez-moi!), c'était peut-être pour mettre un peu d'ordre dans tout ça et comprendre les liens des choses entre elles...
Bonne chance à celles et ceux qui vont s'essayer! Lâchez pas, vous êtes capab!

Oui c'est vrai qu'en travaillant fort, certains y arrivent...On a qu'à regardé la femme de Michel Côté, Véronique Leflaguais qui est une actrice, il est vrai qui a beaucoup travaillé sa voix. Mais on n'entend plus du tout l'accent français de ses origines. Peut-être le fait de s'y mettre tôt aussi, je ne sais pas c'est quoi ce mystère qui fait que les Français ont plus de mal à prendre l'accent québécois que l'inverse. Nous, dès qu'on met les pieds dans la "mère patrie", bien on fait ça automatiquement sinon, on a l'impression que personne ne va nous comprendre! :)

Malgré qu'à Paris, on va nous trouver un accent...mais parfois, on va le situé quelque part en France, ou même en Belgique! ;) Il faut faire attention à nos expressions, et bien sûr, tous les Québécois ne sacrent pas! :) Chez-moi, quand j'étais enfant, c'était très mal jugé, et j'ai 51 ans. Peut-être que c'est beaucoup plus courant aujourd'hui. Et ça m'arrive plus souvent aussi de sacrer, mais pas tous les jours! :)

Merci Mireille,

Avant de répondre, une correction à mon message précédent : aux environs du milieu du texte je donne l'exemple suivant : Ça l'a pas maudit de bon sens, il fallait lire : Ça l'a pas de maudit bon sens. Entre temps, concernant les particules inutiles, j'ai aussi pensé aux exemples suivants, qui valent la peine d'être notés car, très couramment utilisés: Ça l'a d'l'air bon (ça a l'air bon), Ça l'a ben d'lair (il va falloir) Ça l'en a ben d'l'air (ça en a l'air), ça l'a d'l'air de t'ça, ça l'a d'l'air de d'ça (ça ressemble à ça) etc.

Je crois que si les Québécois prennent si aisément l'accent français c'est principalement à cause d'un échange culturel différentiel. En fait, le Québec est inondé de séries et films américains doublés en France. De ce fait l'accent français ainsi que les divers gallicismes, les anglicismes régionaux spécifiquement français et l'argot généralement parisien envahissent l'espace télévisuel et imprègnent les esprits et les mémoires de façon imperceptible mais tenace. Ce qui rend l'apprentissage ultérieur de l'accent plus aisé, on pourrait presque dire que les doublages en français de France ont une valeur propédeutique pour l'apprentissage de l'accent de ce pays.
D'un autre côté, les Français en France ont assez peu l'occasion d'entendre l'accent québécois, ce qui fait qu'ils n'ont aucune pratique de la chose et que tout leur paraît étrange, amusant, surprenant, détestable ou archaïque, mais en rien connu.
En cela, il faut bien reconnaître l'inégalité des rapports culturels France-Québec. On pourrait presque dire que la France a encore une attitude d'impérialisme culturel tendant à étendre sa propre culture mais est très peu ouverte à intégrer les éléments de la culture des pays étrangers qu'elle tente de conquérir. De ce fait, lorsqu'un artiste québécois tente de se faire une petite place sous le soleil de France, il a tout intérêt à perdre son accent pour acquérir celui du pays.
C'est étonnant tout de même. Mais il semble que pour les Français, savoir qu'un artiste est québécois est suffisant pour lui conférer cette aura d'exotisme. Donc, il faut de la différence, mais surtout pas trop.
C'est peut-être cet état de fait qui donne la fausse image, d'une « goutte » de France en Amérique, qui par la suite peut décevoir les immigrants français qui se retrouvent bien plus dépaysés que ce à quoi ils s'attendaient.

Au Québec, nous sommes bien plus des Nord-Américains francophones que n'importe quoi d'autre! :) Nous avons très peu gardé de la culture française à part les lois de Napoléon! ;) On a le système métrique depuis pas assez longtemps pour tout bien comprendre, puisqu'autrefois, on fonctionnait avec le système impérial. Et nos tasses à mesurer se retrouver donc avec plusieurs gradations ! :)

Nous sommes vraiment un beau mélange de toutes sortes de cultures, mais nous avons notre propre culture, et nous en sommes très fiers! Et si nous sommes plus proches des Français par la langue, nous sommes beaucoup plus proches des Américains par notre façon de vivre, c'est géographique. Et oui, ça peut décevoir certains qui ne s'attendaient pas vraiment à ça. C'est d'ailleurs pour ça que Yann fait ce blogue, je crois! :) Pour partager ses découvertes avec les Français installés ici mais aussi avec ceux qui voudraient y venir.

Oui Mireille, je suis bien d'accord avec toi, les Québécois sont culturellement beaucoup plus proche des Américains que des Français. Et je suis aussi d'accord avec toi lorsque tu affirmes que les Québécois ont malgré tout une culture bien à eux, différente de celle de tous les anglais qui les entourent, résultat probable d'une tentative de perpétuer une culture d'origine française et d'une adaptation obligée non seulement à l'océan anglophone, mais aussi à une soumission au joug économique et politique que faisaient peser sur eux les Québécois anglophones jusqu'à l'avènement du Parti Québécois.
Cette culture québécoise si particulière n'est en rien semblable aux cultures d'où elle est issue avec des tendances globalement plus progressistes que conservatrices, plus humanistes que matérialistes, plus égalitaristes que hiérarchiques (par comparaison aux Canadiens anglais ou aux Américains, ainsi qu'aux Français). Bien sûr, ceci reste une présentation globale de tendances qui ne présagent en rien les attitudes personnelles de chacun pris individuellement, mais ça donne une idée.
En fait, ce à quoi ne s'attendent pas les Français qui arrivent au Québec, c'est probablement d'avoir un choc culturel. Pour certains ce choc sera impossible à rationaliser et à intégrer. Le retour au bercail sera la seule option avec son florilège de déceptions.