Printemps durable

  • Posté le : 24/04/2012 - 21:03
  • par : Yann

Dimanche dernier, j'ai surmonté mon aversion pour les regroupements de plus de deux personnes en participant à la manifestation pour le jour de la terre. En entrant dans la station de métro Jean Talon, j'ai compris qu'à moins que Villeray soit le seul quartier de Montréal à se soucier de l'avenir de la planète, l'évènement allait connaître un énorme succès. Le quai était tellement bondé de manifestants qu'il était aussi difficile de trouver une place dans un wagon qu'une source d'eau potable près d'un puits de gaz de schiste. Je me suis donc rabattu sur le moyen de transport le plus écologique qui se trouvait à ma portée : mes pieds.

De nombreux défenseurs de la planète avaient suivi le même raisonnement que moi et marchaient par petits groupes en direction du centre-ville. La pluie glaciale qui tombe depuis des jours sur Montréal s'était interrompue juste pour cette journée, incontestable preuve que Gaïa était de notre côté ou que nous avions eu un sacré coup de bol. Au bout de six kilomètres de marche, je suis arrivé à la Place des Arts plus d'une heure après le départ officiel du cortège. En raison de l'affluence, la place était cependant encore envahie de manifestants qui attendaient patiemment de pouvoir avancer.

Absolument toutes les tranches d'âges étaient représentées. Beaucoup de parents étaient venus avec leur poussette ou en portant leurs enfants sur leurs épaules. De nombreuses personnes arboraient le carré rouge symbolisant leur opposition à la hausse des frais universitaires qui divise le Québec depuis plusieurs mois. Les manifestants avaient fait preuve de beaucoup d'imagination et d'humour pour les slogans inscrits sur leurs pancartes qui dénonçaient l'exploitation des sables bitumineux, le retrait du Canada du protocole de Kyoto ou la destruction de l'environnement par les grosses entreprises. L'ambiance était festive, sympathique et militante, un vrai cauchemar pour un chroniqueur du Journal de Montréal.

La marche s'est déroulée dans la même atmosphère détendue. La police était très discrète et je n'ai assisté à aucun débordement violent, ce que je serais tenté de considérer en partie comme une relation de cause à effet. Malgré l'effet désastreux qu'aura eu mon déplacement à cet évènement sur mon classement à Starcraft, je ne regrette pas du tout d'y avoir participé. D'une part, parce qu'il m'a permis de relativiser le discours que j'entends souvent selon lequel les Québécois ne sont pas engagés politiquement, et d'autre part, parce qu'il me rassure sur le fait que nous sommes plus nombreux que je le pensais à nous inquiéter du sort de la planète.

En comparaison, la foule des Français qui sont venus voter pour les élections présidentielles au collège Stanislas ne m'a pas paru si impressionnante, finalement.

Commentaires

Désolé pour le dérangement, on essaie de changer le monde. MERVEILLEUX SLOGAN !

Saroune : Oui. Je ne l'ai pas choisi par hasard. Je trouve qu'il résume bien la situation actuelle du Québec. Les gens qui s'opposent aux manifestations à cause des embouteillages ou au mouvement des étudiants à cause de leur iPhone manquent de hauteur.