Maudite Française

  • Posté le : 11/08/2013 - 16:38
  • par : Yann

Une Québécoise a été condamnée pour avoir traité une pharmacienne vivant au Québec depuis 28 ans de « Maudite Française ». Cet évènement est une triste preuve du mépris de certains natifs de la Belle Province pour la propriété intellectuelle. J’ai en effet déposé la marque « Maudit Français », qui m’appartient jusqu’en 2067. Mon secrétaire ne m’a informé d’aucune demande de licence d’utilisation au nom de la Québécoise. En plus des 3500 $ de dommage, elle s’expose à des poursuites de ma part pour non-respect du droit des marques, qui impliquent des conséquences bien plus coûteuses qu’une futile question de discrimination ethnique.

L’histoire est d’autant plus fâcheuse que cette insulte a été utilisée à mauvais escient. Elle aurait été justifiée pour dénoncer chez la pharmacienne un attachement irrationnel pour le vin ou les télé-réalités débiles, mais la cliente a expliqué qu’elle était seulement tannée d’attendre après sa commande. Il me semble que c’est moins le statut de Française que le statut de pharmacienne qui est en cause ici. « Sale pharmacienne » aurait été plus pertinent, et s’avère moins durement réprimé par la loi. Je passerai sur l’expression « sale gueule de Française » qu’elle aurait également proférée, qui n’est qu’une tentative de contourner ma marque déposée par une peu subtile déviation de vocabulaire. En dépit des témoins, la cliente prétend d’ailleurs n’avoir utilisé ni le mot « sale » ni le mot « maudite », qu’elle considère comme vulgaires. Elle n’a curieusement pas nié le mot « gueule ». La vulgarité est une notion bien subjective.

J’ai l’air de prendre ce sujet à la légère, mais c’est effectivement le cas. Je n’arrive pas à avoir un avis tranché. Je suis trop antiraciste pour plaindre la cliente, trop anarchiste pour approuver le recours à la justice, trop pauvre pour refuser 3500 $.