Citoyenneté-quiz

  • Posté le : 23/08/2013 - 22:59
  • par : Yann

Résumé de l’épisode précédent : notre héros a franchi la première étape de sa demande de citoyenneté, en dépit de son aversion pour les formulaires et de son étourderie digne de Nicolo Milioto.

Les aspirants citoyens qui ont reçu des nouvelles de leur demande avant leur 55 ans doivent se soumettre à la seconde étape : l’examen de citoyenneté. Celui-ci consiste à répondre à 20 questions à choix multiples, visant à s’assurer que les gens qui choisissent de vivre au Canada en savent plus sur leur pays d’accueil que ceux qui y sont nés.

Si j’en crois les témoignages de vieux immigrants, cette épreuve était jadis aussi accessible qu’une question mathématique de sweepstake. Conscient du danger que courait la patrie si on laissait voter des barbares ignorant que la crosse est le sport d’été officiel du Canada, le gouvernement Harper en a toutefois augmenté la difficulté à deux reprises. Une initiative qui a contribué conjointement à une augmentation notable du taux d’échec et à la jouissance de son électorat.

Conscient que tout n’était pas gagné d’avance, j’ai pris la bonne résolution de m’avancer, afin de ne pas bachoter comme un malade deux jours avant la date fatidique, avec un solide stress ancré au fond des tripes. C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvé à bachoter comme un malade deux jours avant la date fatidique, avec un solide stress ancré au fond des tripes.

Comme tous les candidats, j’avais reçu le manuel de référence « Découvrir le Canada », qui nous explique page 9 que « travailler à temps plein dans les Forces canadiennes (...) est une noble façon d’apporter sa contribution au Canada ». Hormis cette faute de goût, je dois avouer que ce guide est très clair et agréable à lire. J’ai été agréablement surpris que le gouvernement admette le mal que ses pensionnats ont fait aux autochtones, alors que la France n’a toujours pas admis celui que Florent Pagny et Pascal Obispo on fait au prestige de la francophonie.

Nous étions une quarantaine de personnes dans la salle d’examen. Il y avait de nombreux questionnaires différents, afin qu’aucun participant ne puisse copier sur son voisin. Je n’ai pas remarqué de questions piège, mais j’aurais été incapable de répondre à plusieurs d’entre elles sans avoir lu le guide, malgré mes six ans de résidence au Canada. Au passage, je conseille aux futurs candidats de ne pas ignorer les légendes des photos dans le manuel, car c’est ici que s’est exprimée la perversité des concepteurs du questionnaire.

Je pensais mon calvaire terminé une fois ma copie rendue, mais chaque candidat devait ensuite passer un entretien avec un juge de l’immigration. Cette étape m’a rappelé mon dernier passage chez le médecin : trois heures d’attentes pour deux minutes de discussion.

Je ne garde pas un souvenir fabuleux de cette étape de ma demande de citoyenneté. J’aimerais dire qu’elle m’a permis de mieux connaitre mon pays d’adoption, mais ma maîtrise des symboles nationaux du Canada est aujourd’hui aussi bonne que celle des concepts hégéliens le lendemain de mon épreuve de philosophie du bac.

L’essentiel est que j’ai reçu quelques semaines plus tard ma convocation pour la cérémonie de citoyenneté.

(À suivre)