Comment j’ai trouvé mon médecin de famille

  • Posté le : 21/03/2014 - 11:29
  • par : Yann

Il y a quelques mois, j’ai réussi à obtenir le Saint Graal dont rêvent bien des Québécois : un médecin de famille.

Tout a commencé un après-midi d’octobre, alors que je tentais de dissiper l’angoisse provoquée par un article sur le réchauffement climatique en consultant un forum sur les maladies graves.

En lisant une discussion sur les liens entre crise cardiaque et pression artérielle élevée, je me suis souvenu qu’il y a quelque temps, un médecin s’était ému du niveau anormal de la mienne, et m’avait conseillé de la contrôler à nouveau à l’occasion.

J’ai donc obtempéré avec quelques années de retard, en utilisant le tensiomètre libre-service de ma pharmacie. Résultat : ma pression était tellement haute que la machine m’a demandé de taper mes initiales pour le tableau des high scores.

Après plusieurs nouvelles mesures qui avaient pour seul but d’alimenter un déni, je me suis décidé a prendre rendez-vous à la clinique de mon quartier, qui, a mon grand étonnement, m’a pris cinq minutes avant l’heure prévue. Une assistante aussi réconfortante qu’une tisane à l’acide chlorhydrique a mesuré ma tension, puis le médecin est arrivé pour que je lui explique mon problème.

En dépit des chiffres qui, selon ma perception, garantissaient que je ne passerai pas l’automne, il ne semblait nullement perturbé par ma tension. Il a en revanche changé de face après m’avoir ausculté :
— Vous saviez que vous aviez un souffle au cœur ?
— Euh… Non.

Cette découverte nécessitait selon lui que je passe une échographie cardiaque dès que possible. Il a ajouté qu’il devenait immédiatement mon médecin de famille pour assurer le suivi, mais qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Une contradiction qui m’aurait fait bien rire si elle avait concerné la santé de toute autre personne que moi-même.

Quand je lui ai rappelé mon hypertension, qui était la raison de ma visite, il m’a dit qu’il me recontacterai plus tard pour que je passe un MAPA, examen consistant à surveiller la tension pendant 24 h à l’aide d’un appareil portatif.

Quelques semaines plus tard, je me suis rendu à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour mon échographie cardiaque. J’ai attendu 20 minutes en tunique bleu étoilée dans une salle exigüe, à regarder une affiche pour un party d’Halloween en me demandant si les patients en phase terminale avaient besoin de se déguiser, et à me dire que, décidément, les hôpitaux évoquent pour moi bien plus la mort que la guérison. On m’a ensuite redirigé vers la salle d’échographie, où une technologue a procédé à l’examen.

Son diagnostic est tombé comme un couperet : je n’avais pas de souffle au cœur pantoute.

La cardiologue m’a ausculté à son tour et a confirmer que je n’avais rien. Cela nous menait à deux hypothèses : soit le médecin de ma clinique avait décelé un souffle au cœur atypique, uniquement accessible aux oreilles masculines, soit il m’avait examiné un lendemain de brosse.

Je ne sais pas si ce revirement annule le fait que j’ai un médecin de famille, ni si j’ai besoin d’un médecin de famille qui me découvre des pathologies invisibles pour le commun des mortels. Tout ce que je sais, c’est que j’attends toujours des nouvelles de mon MAPA.

Commentaires

Un médecin de famille qui te fait passer un examen, et propose de te revoir, lâche pas l'affaire! Bon, le MAPA est indispensable... Mais les médecins, comme tout le monde, sont bien capables d'oublier, alors si t'as pas de nouvelles, va falloir penser à relancer!

haaa l'hôpital Maisonneuve et ses fameuses tunique bleues ! que de bons souvenirs ! je les connais bien aussi :) Comme quoi, le hasard marche des fois :) j'ai trouvé la medecin de famille de ma fille lors d'une visite banale pour une grippe ;)