Quand activisme et stupidité font bon ménage

  • Posté le : 12/06/2015 - 11:23
  • par : Yann

La semaine dernière, un groupe d’activistes pseudo-anarcho-féministes a brisé avec une brique la vitrine d’un restaurateur, pas loin de chez moi. Son crime : la maitrise du second degré, qui l’a conduit à nommer son établissement « Le mâle bouffe ». Une appellation que seuls les néophytes non conscientisés considèrent comme une blague anodine, sans réaliser qu’il s’agit d’une attaque éhontée du système patriarcal contre les femmes, les pauvres et les bélugas.

Petite mise en contexte pour les non-Montréalais : « Le mâle bouffe » se situe dans Hochelaga, un quartier populaire que les promoteurs vantent depuis des années comme le futur lieu jeune et hype de Montréal, bien que les vieilles prostituées du coin n’en aient pas encore été informées.

Depuis quelque temps, des groupuscules de riverains (ou prétendus) chialent sitôt que des commerces plus chics que des dépanneurs ou des prêteurs sur gages s’y installent. Ils se sont donné pour mission de défendre leur quartier contre cette gentrification (en français : embourgeoisement) à coup de brique, arme prolétarienne par excellence. En plus de la dégradation, ils ont cette fois-ci tenté d’expliquer leur action en collant autour du restaurant des affiches dénonçant le sexisme et la violence qu’engendre l’arrivée d’un marchand de sandwichs.

Étant moi-même empreint de solides valeurs féministes et anarchistes, je devrais me réjouir de cette action censée provenir de mon camp. En vérité, je suis en tabarnak pour plusieurs raisons:

  1. Il y a comme une incohérence à lutter contre la violence en dégradant le bien d’autrui ;
  2. Même s’il y a un débat à mener sur la mixité sociale dans Hochelaga, une brique ne me semble pas un argument convaincant, aussi lourde soit-elle ;
  3. C’est pas comme si on avait trop de restaurants dans Hochelaga ;
  4. Encore du grain à moudre pour Richard Martineau.

Je me raccroche à l’idée que ces actions sont en réalité conduites par des masculinistes ou les services secrets pour discréditer les anarchistes et les féministes, mais j’ai bien peur que ce soit juste la manifestation d’une maladie de plus en plus répandue : l’activisme cave. Je consacrerai mon prochain billet à cette préoccupante épidémie.