Une proposition que l'on peut refuser

  • Posté le : 15/02/2008 - 12:59
  • par : Yann

Lorsque Io et moi sommes arrivés au Québec en septembre 2006, une amie m'a suggéré d'emprunter la voiture d'un de ses amis français de retour au pays pour une période indéterminée. J'ai instinctivement repoussé cette offre car ce genre de véhicule représente pour moi davantage une source de pollution et de dépenses inutiles que l'accélérateur de vie sociale que certains pithécanthropes semblent y trouver.

Mon amie m'a rétorqué que sa proposition était la manière idéale de bénéficier des avantages d'une automobile sans ses inconvénients. L'investissement prohibitif nécessaire à l'acquisition d'un tel engin m'étant épargné, il me restait en effet uniquement l'essence à payer. Le véhicule me coûterait donc de l'argent uniquement quand je m'en servirais (si on omet le prix de l'assurance, la taxe annuelle d'immatriculation de 255$ et les frais de réparation en cas de panne éventuelle).

Elle ajouta que ce véhicule nous serait très utile pour notre installation dans notre appartement. La perspective de ramener chez nous les cinq étagères, les deux bureaux, le canapé, le lit, les deux tables de nuit, les deux tables à manger, les quatres chaises et la commode que nous nous apprêtions à acheter à Ikea en à peine trois fois plus d'aller-retour que si nous nous faisions livrer avait effectivement de quoi séduire.

Soupçonnant que mon scepticisme se fissurait, ma camarade a conclu en expliquant que la voiture était également un moyen de ne pas dépendre de ses amis pour rentrer de soirée, à condition bien sûr de ne pas boire puisque les lois canadiennes sur la conduite en état d'ivresse autorisent à peine la consommation d'un chocolat à la liqueur.

En entendant mon amie dérouler ainsi son argumentaire j'ai songé qu'elle cherchait au moins autant à se rendre service à elle-même qu'à nous. Son nouveau chum disposait en effet déjà d'une automobile et celle qu'on lui avait prêtée était devenue un poids. Dans ma grande bonté, je lui ai quand même promis de réfléchir à son offre. La procrastination aidant, je ne l'ai toutefois jamais rappelée, et nous nous sommes un peu perdus de vue depuis.

J'ai compris à quel point cet acte manqué était une bénédiction un soir d'hiver, alors que les dépanneuses braillaient dans la rue pour avertir de l'arrivée des déneigeuses. La ville de Montréal oblige en effet les automobilistes à déplacer régulièrement leur véhicule afin de faciliter le travail de ces machines. Si j'avais emprunté la voiture comme on me l'avait proposé, j'aurais été obligé de prendre le volant bien plus souvent que je ne le souhaite afin de suivre cette coutume locale, à moins de vouloir payer une amende ou la récupérer à la fourrière.

Pire, il m'aurait fallu à chaque fois passer une bonne dizaine de minutes dans le froid armé d'une pelle afin de dégager le véhicule de sa coque de neige avant de pouvoir le bouger. L'expression "tous les avantages sans les inconvénients" m'aurait alors paru très relative.

D'un autre côté, j'aurais peut-être des abdominaux musclés.

Commentaires

laisse-moi rire... plutôt 40.

"D'un autre côté, j'aurais peut-être des abdominaux musclés."

et des maux de dos

J'ai renoncé à la voiture depuis longtemps !

J'ai eu des voitures, je n'en ai plus depuis quelques années, et l'hiver, j'en suis très heureuse! :)

En ville, une voiture est plus un problème qu'autre chose, avec les transports en commun et tout est proche, donc, ce n'est pas vraiment nécessaire. On peut en louer une s'il nous prend l'envie de sortir de la ville, surtout l'été, mais à part ça.

Il y a aussi "communauto" si on doit utiliser une voiture fréquemment mais qu'on ne veut pas acheter, c'est une bonne affaire. Le lien : http://www.communauto.com/

Et les joies de l'hiver québécois!
Sympa ton blogue....

Je comprends pas ton allusion aux lois canadienne... c'est pourtant .08 au Canada...
en France c'est pas .05 ??

FB> Si, mais une étude récente montre qu'il y a quatre fois plus d'alcool dans les chocolats à la liqueur canadiens.

Jamais eu de voiture à Mtl, les transports en commun étaient suffisants pour mes activités.
L'idéal étant d'avoir un garage chauffé avec un accès rapide à la route pour avoir le moins à déneiger.

En fait, mon seul moyen de locomotion personnel était mon vélo.

et encore ta oublier un detail ca rouille en plus au quebec qu'en france .. et je parle meme de leur systeme de location de vehicule ...

Je n'ai effectivement pas une bonne expérience des loueurs québécois. J'ai attendu un véhicule que j'avais réservé pendant une heure, et une bonne part refuse de mettre des pneus neiges en hiver. C'est un peu stupide quand on connais le climat local. Heureusement, il reste Communauto.

La loi au Québec est plus souple que celle en France concernant l'alcool au volant: .08 ici contre .05 chez vous.

Par contre, probablement que la loi sociale est plus tolérante chez vous! C'est une question de culture.