J'aurais souhaité que cette chronique sur le Canada soit uniquement l'occasion de décrire les grandes étendues, la chaleur de leurs habitants et la beauté des orignaux. Pour l'instant, tout mon temps et mon esprit sont malheureusement occupés par des problèmes purement matériels. J'ai commencé la matinée par appeler ma banque en France. J'ai eu la confirmation qu'il n'y avait aucune raison pour que l'on m'empêche de retirer mon argent. Ça n'a pas empêché mon interlocutrice de me dire qu'elle avait fait son job en me renseignant et qu'elle ne voyait aucune solution à mon problème. J'ai eu beau lui expliquer que j'étais au Québec, que c'était très important puisqu'il était question de logement, elle n'a même pas daigné se renseigner auprès des autres services ou de son boss. Je me demande si elle aurait davantage bougé si je l'avais appelée en train d'agoniser au milieu de la neige. Ça m'a rappelé une chanson de Lynda Lemay : "l'incompétence". Dès mon retour je change de banque. Je pourrais prendre le crédit lyonnais. Ils ont tellement de choses à se faire pardonner qu'ils doivent être plus avenants. Dieu merci, j'ai pu retirer ce soir ce qu'il me fallait dans un guichet automatique. Je suppose que je ne saurai jamais si c'est une coïncidence ou mon coup de gueule au téléphone qui est la cause de cette amélioration. Aux personnes qui s'offusqueraient que je ne parle que de fric depuis trois jours, je répondrai qu'il est le sujet d'angoisse numéro un lorsque l'on voyage ou que l'on s'expatrie. J'écris un journal réaliste, pas un remake des bisounours.