Le vent soufflait fort ce matin. Me souvenant du froid de la veille, j'ai voulu jouer le type raisonnable en sortant ma petite laine. Résultat : j'ai crevé de chaud toute la matinée car la température était tout à fait correcte. Je ne saurais pas dire si c'est le fameux été des Indiens dont tout le monde m'a parlé avant mon départ qui vient de commencer.
Je tiens cependant à signaler que le froid que j'ai subi pour le moment n'a rien d'extraordinaire pour le Français moyen. Nous ne sommes pas encore entré dans l'ère glacière typique de l'hiver québécois dont Laurent m'a fait un tableau on ne peut plus angoissant, histoire de me taquiner commme à son habitude.
Depuis quelques semaines, je suis partagé entre deux sentiments contradictoires. D'un côté, je suis un peu pressé de finir mes études car ça fait plusieurs années que je fais un peu de tout sans vraiment suivre une direction précise. Depuis que j'ai eu mon bac (le diplôme français, pas canadien), en 1994, j'ai été successivement ou simultanément étudiant en arts du spectacle, élève aux Cours Florent, comédien, animateur, objecteur de conscience dans une association, étudiant en école de journaliste, formateur en informatique, hotliner en téléphonie mobile, technicien de maintenance informatique et journaliste. Sans vouloir forcément entrer dans une vie pantouflarde, j'aimerais donc pouvoir me poser, ne serait-ce que deux ou trois ans, avec un boulot fixe qui me permettrait de gagner suffisament ma vie pour alimenter ma collection de BDs et mes cuites chez Georges, tout en me laissant assez de temps pour avancer mes projets plus créatifs mais moins lucratifs. Ca fait bizarre de penser au retour alors que je viens d'arriver, mais je me pose pas mal de question sur mon avenir, ces derniers temps.
D'un autre côté, je sens que je me fais très vite à l'atmosphère québécoise et que le retour à Paris risque de me faire pas mal déprimer. Quand je voyage, c'est dans le but de rencontrer des gens nouveaux avant les nouveaux paysages. Pour l'instant, j'ai trouvé les Montréalais beaucoup plus chaleureux et beaucoup moins aggressifs que la plupart des Parisiens. Moins prétentieux, aussi. Et puis, j'ai rencontré et je rencontrerai pas mal de personnes tranquilles que j'aurai sûrement du mal à quitter. Certes, il existe ici aussi des gens odieux, comme le vieux con qui a poussé violemment mes achats sans raisons apparente lorsque j'ai fait mes courses toute à l'heure au Maxi de la Côte des neiges. Mais dans l'ensemble, ici, on se détend.
Est-ce que j'ai parlé des Maxis et des Zillers ? Ce sont des immenses magasins, véritables temples de la consommation, à côté duquel nos classiques intermarchés passe pour le Timy de Mont-près-Chambord. Caricature par excellence de l'Amérique du Nord. Mais bon, on y trouve de la nourriture pas chère.