Je n'ai vraiment pas de chance avec mes partenaires de travail à l'université. Au premier semestre, trois étudiants s'étaient désistés au dernier moment, ou avaient abandonné le cours alors que nous devions rendre un projet ensemble. Mardi dernier, j'avais rendez-vous avec un binôme potentiel pour discuter d'un TP. Je l'ai attendu sans succès pendant une demi-heure et j'attends toujours son mail d'excuse. D'accord. je lui ai moi-même envoyé un message assez froid du style "J'étais au rendez-vous à l'heure prévue, mais je n'ai vu personne. C'est normal ?". Mais je trouve cela excessivement gentil par rapport à ce que j'aurais pu dire sans mon sens inné de l'autocensure.
J'ai bien trouvé un partenaire pour une autre matière, mais j'aurais finalement préféré que ce dernier me pose également un lapin. Il représente en effet la caricature de l'informaticien primaire que je déteste : djeunz avec casquette à l'envers, qui se laisse pousser la barbe sans en avoir les moyens (au moins, moi, je m'abstiens) et qui customise à mort son environnement de travail avec des icônes et des fonds d'écran débiles. Bien qu'en troisième année d'informatique, ce garçon ne semble toujours pas avoir compris qu'il existe une vie après Microsoft (et accessoirement, après l'informatique). Les amateurs d'Unix cerneront rapidement le personnage si je précise qu'il utilise la commande "dir" au lieu de "ls" pour afficher le contenu des répertoires (maudits aliases). Les non-informaticiens, partez pas, j'ai fini.
On pourrait s'offusquer de ma critique sans nuance de ce garçon qui a le droit de vivre, après tout. Le problème, c'est qu'il semble dépenser bien plus facilement son énergie à jouer au Sokoban qu'à travailler sur le projet en question. Quand je lui demande son avis, il me répond qu'il ne sait pas, et quand il semble avoir une idée et que je lui propose de prendre le clavier pour la coder, il semble tétanisé. J'irais bien plus vite si j'étais seul, mais on est obligé de rendre un travail à deux.
J'arrête, je vais m'énerver. J'espère juste qu'il ne tombera pas sur ce texte. Ce serait le comble.