En qualité d'expatrié, je ne peux m'empêcher de m'intéresser de temps à autres à ce qui se passe dans mon beau pays, et on peut dire que les choses bougent, actuellement.
Il y a bien sûr la proposition totalement délirante du medef de repousser la retraite après soixante ans. Les manifestations de protestations sont toutefois si importantes que je ne pense pas que ce projet sera concrétisé. Heureusement. Je ne sais pas dans quel état je serai, à 67 ans.
On peut également assister à la fièvre militante de quelques Parisiens à l'approche des élections municipales, qui devraient voir la droite se faire éjecter après 24 ans d'occupation. Mais honnêtement, à part la mine déconfite de Jean Tibéri lors du grand soir, je ne vois pas ce que ce changement nous apportera comme satisfaction notable. Il y aura toujours des pigeons hideux partout, des crottes de chiens sur les trottoirs, des logements aux prix scandaleux et des alertes à la pollution tous les été. Et des masochistes dans mon style qui aiment Paris malgré tout.
La crise de la vache folle semble être un peu moins à la mode ces derniers mois. A ce propos, Laure m'a affirmé qu'elle n'a pas pu donner son sang lors de la collecte qui s'est déroulée à l'université de Montréal il y a quelques jours. Ces brave Québécois redouteraient qu'on leur refile l'encéphalite spongiforme bovine. Je n'ai pas pu vérifier l'information. Mais si Laure le dit, j'y crois...
Un autre sujet qui attire particulièrement mon attention ces derniers temps, c'est la tentative de diabolisation de l'Internet de la part de nombreux médias français soi-disants progressistes . L'article de Philippe Val n'en est qu'un faible échantillon. Dégoûtés de ne plus être les seuls à pouvoir s'exprimer à un large public, les journalistes décrivent en effet les créateurs de sites web indépendants comme de dangereux agitateurs publiant des informations fausses, illégales ou diffamatoires sans aucune forme de déontologie (l'homme que vous lisez en ce moment même est par le fait une immonde crapule). Ils militent donc pour un contrôle strict des contenus, qui permettrait notamment d'interdire certains sites avant même qu'ils soient mis en ligne. J'imagine le scandale si on imposait demain à Libération un passage systématique sous l'oeil des censeurs avant chaque parution. Mais non, suis-je bête. Tout ce qui est écrit dans les journaux est vrai.
On pourrait supposer que le gouvernement du Québec, d'ordinaire plus ouvert aux nouvelles technologies évite de tomber dans ce genre de piège. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Celui-ci est en effet sur le point d'adopter une loi qui risque de pousser les hébergeurs à censurer d'eux-même les sites gênants sans qu'ils soient forcément illégaux. J'aime ces pays démocratiques dont les grands penseurs sont si soucieux de défendre la liberté d'expression de chaque individu.