Maudit Français

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Le 23 février 2001 - 0h33

Amoureux de Paname

À la relecture de mes anciens billets, je me rends compte que je n'ai jamais manqué une occasion de dire des méchancetés sur Paris, qui est pourtant la plus belle ville de France (j'entends d'ici les Marseillais protester). En fait, comme beaucoup de ses habitants (du moins, je suppose), c'est un mélange de haine et d'amour qui me lie à la capitale. Mes nombreuses réflexions sur le sujet m'ont conduit à cette conclusion : Paris est une ville formidable LA NUIT.

Paris le jour, ce sont des bousculades dans le métro, des gens qui essayent de se passer devant dans les files d'attente des boutiques ou des administrations, et des automobilistes qui passent leur temps à klaxonner comme des ahuris. Sans compter l'ambiance de travail stressante qui règne dans de nombreuses entreprises, mais peut-être est-ce partout pareil.

La nuit, au contraire, on a de la place. L'air devient respirable et on sent un réel calme s'installer, pour peu que l'on décide de veiller jusqu'à deux ou trois heures du matin. J'ai de nombreux souvenirs de balades d'été en charmante compagnie sur les quais de la Seine, ou de longues virées entre potes, à pied ou en rollers.

Les boîtes, les cafés et les restaurants sympathiques sont nombreux, mais il vaut mieux éviter comme la peste les Champs Elysées et le Trocadero, et préférer traîner du côté de la rue des Canettes, ou d'Oberkampf, ou Censier, qui sont des lieux beaucoup plus agréables et décontractés, et surtout, bien meilleur marché. Il m'est très souvent arrivé de faire plusieurs kilomètres à pied pour rentrer chez moi après une soirée, parce qu'il n'y avait plus de métro et que je suis un peu en froid avec les chauffeurs de taxi. Reaumur-Père Lachaise, Tolbiac-Goncourt, ... A chaque fois, ma corde de poète urbain ne peut s'empêcher de vibrer à la vue de ces rues si belle et si désertes, où j'ai parfois la bonne surprise de tomber sur les pochoirs de Miss Tic et les mosaiques de sf. invader.

En fait, Paris est une ville oppressante quand on vient d'y arriver et que l'on ne connaît personne. Mais dès que les liens se tisse, elle devient un formidable lieu d'évasion nocturne. Je suis curieux de savoir ce qui marque le plus les Québécois qui décident de s'y installer durant une longue période. Peut-être l'un d'entre eux aura-t-il un jour la bonne idée d'exprimer ses impressions dans un journal en ligne.

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