Bon. J'avais annoncé que je ne reprendrai la plume que samedi, mais je ne supporte pas l'idée que les visiteurs de ce site soient accueillis par la morne plainte que j'ai pondue il y a quelques jours. D'ailleurs, à cette heure, en France, c'est déjà samedi.
Les raisons de ce coup de calcaire sont multiples. D'une part, j'ai été contraint de faire publiquement en cours la démonstration d'un programme informatique que je n'ai pas eu le temps de finir. Cela n'a l'air de rien comme ça, mais quand on a passé deux années en France à briller pour ses résultats et que l'on se retrouve à bredouiller des mots inaudibles devant deux lignes de codes incohérentes, ça donne un sacré coup au moral. Cela aura au moins eu le mérite de me donner une bonne leçon d'humilité. Bien que je sois d'un naturel timide et discret, j'avoue en effet disposer d'un ego légèrement surdimensionné.
Ensuite, je me suis mis à paniquer gravement pour mes examens. Plus mon séjour avance, plus je me rends compte que je suis loin d'être multitâche. Ecrire pour un magazine, suivre des études, alimenter un site web et mener une vie sociale simultanément semble être au dessus de mes moyens. Il va donc falloir que je fasse preuve de réalisme, que je change de stratégie, bref, que je fasse des sacrifices, comme on dit aujourd'hui dans les startups. Le maudit Français y survivra, toutefois.
Ma plus grande angoisse est de devoir me refaire une année complète d'études à mon retour en France. J'ai 26 ans et je sature. J'ai perdu trop de temps. D'un autre côté, je relativise en me disant que j'ai quand même de la chance d'être ici.
Ce soir, je vais à une fête organisée à l'université par le comité pour le partage des cultures afro. Au programme : spectacle culturel de 21h à 23h, puis soirée dansante jusqu'à 3 heures du matin. Bien sûr, je retrouverai la gang habituelle, ainsi que Kalila, ma binôme, que j'ai invitée pour l'occasion et qui viendra avec quelques amis. Pas de devoirs urgents à remettre, pas d'articles, rien. Je me lâche.
Dans les prochains articles, promis, j'essaye de parler un peu du Québec.