Maudit Français

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Le 15 mai 2001 - 23h43

Parisien, tête de chien

Lorsque les Québécois que je rencontre apprennent de quelle ville de France je viens, cela jette parfois un froid. À tel point que je me sens obligé de préciser que je suis Parisien d'adoption seulement, et que j'ai passé les 18 premières années de ma vie dans le Loir et Cher. Je ne devrais pas me défendre ainsi. Après tout, même si j'ai gardé de la ville de Blois quelques amis et de bons souvenirs, je ne pense pas que je pourrais y vivre à nouveau. La capitale est la ville de France qui correspond le mieux à mon caractère, malgré tout le mal que j'en dis.

Si j'ai tendance à minimiser ainsi ma parisianitude, c'est néanmoins pour éviter que certaines personnes adoptent une idée toute faite sur ce que je suis censé être : un garçon totalement imbu de sa personne, ne pouvant se retenir de donner des leçons et prenant les Québécois pour une bande de bûcherons analphabètes. J'exagère à peine. Par exemple, à la soirée raï de samedi dernier, dévoiler mes origines parisienne m'a valu un ironique "tiens, t'as l'air sympa, pourtant" de la part d'un des Québécois présents. Bien sûr, cette phrase se voulait humoristique, et nous avons ri ensemble. Mais ce genre de plaisanterie revient régulièrement.

Cela me rappelle un ami qui ne peut s'empêcher de taquiner les Africains sur la couleur de leur peau. Je le connais suffisament pour savoir qu'il n'est pas du tout raciste. C'est surtout une tentative maladroite de nouer un dialogue. Mais quel que soit l'humour et la bienveillance de ses interlocuteurs, il n'est jamais agréable d'avoir en face de soi des gens nous rappelant en permanence qu'on n'est pas d'ici, qu'on est différent. J'ajoute que les Parisiens sont loin d'être tous des gens odieux, même si ce sont ces derniers dont on aura tendance à se souvenir.

Heureusement, je n'ai pas eu à affonter ces remarques trop souvent et je n'ai tué personne jusqu'à date.

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