Maudit Français

Le parcours de l’immigrant

Comme je l'ai précédemment évoqué, Io et moi avons atterri à Montréal le 15 septembre dernier à 15h20 (heure de Montréal). Après avoir passé plus de sept heures dans l'avion sans pouvoir allonger mes jambes ni me gratter l'oreille de peur de donner un coup de coude dans l'oeil de ma voisine de droite, mon voeux le plus cher était d'arriver rapidement à notre hôtel afin de dormir dans un vrai lit. En tant que nouveaux résidents permanents, il nous fallait cependant passer quelques ultimes épreuves avant de quitter l'aéroport.

La première étape consistait bien sûr à passer le poste frontière. Celle-ci s'est avérée très rapide puisque l'officier s'est contenté de vérifier le visa de notre passeport.

Alors que la plupart des passagers se dirigeaient vers le carrousel pour récupérer leurs bagages, nous devions ensuite nous présenter dans le bureau de l'immigration canadienne. Là, un sympathique employé nous a fait remplir notre certificat d'acceptation et nous a remis un guide intitulé "Bienvenue au Canada, ce que vous devriez savoir". Ce dernier contient de nombreuses informations intéressantes sur le fonctionnement de notre pays d'accueil (système de santé, formalités administratives, etc). Notre interlocuteur a également noté notre adresse afin de nous envoyer notre carte de résident permanent. Celle-ci nous permettra éventuellement de voyager à l'étranger et de revenir au Canada tout en conservant notre statut.

Nous nous sommes ensuite rendus dans les locaux de l'immigration québécoise où un employé nous a donné une seconde brochure baptisée "Apprendre le Québec, guide pour réussir mon intégration". Ce document fournit des informations pratiques et administratives sur la province et se montre moins spartiate que la version canadienne. Il se présente comme un carnet de bord que l'immigrant est encouragé à remplir durant les premiers mois qui suivent son arrivée. Il dispose ainsi d'une liste de démarches à effectuer avec des cases à cocher au fil de sa progression, ou des espaces laissés en blanc pour noter les différents emplois qu'il aura obtenus au Québec. L'employé de l'immigration nous a expliqué que ce guide est très récent et a été créé pour aider les immigrants qui perdent parfois pied dans leur nouveau milieu. En raison d'une rupture de stocks, nous n'avons malheureusement pu en avoir qu'un seul pour deux. Le fonctionnaire nous a expliqué que nous pourrions en demander un autre lors de la réunion d'information organisée par le MICC. Il a néanmoins souligné qu'y assister n'était pas indispensable puisque j'avais déjà passé un an au Québec. J'ai eu un peu de mal à le convaincre que cette rencontre pouvait quand même nous être utile. J'en suis arrivé à me demander s'il ne voulait pas nous dissuader d'y participer en raison d'un manque de places. Nous avons néanmoins pu obtenir un rendez-vous pour une de ces réunions, l'employé nous rappelant bien que nous pouvions annuler plus tard en cas d'empêchement.

Après un rapide passage pour récupérer nos bagages et le chat prostré dans sa boîte, il nous restait à franchir l'ultime étape de la douane. Celle-ci était pour moi la plus angoissante, car je ne savais pas ce que nous devions inclure exactement dans notre déclaration, ni sous quelle forme présenter cette dernière. En plus des bagages que nous emmenions avec nous, il nous fallait en effet mentionner les affaires qui nous rejoindront par bateau dans quelques semaines. Fournir la liste générique que j'avais déjà donnée au déménageur ainsi qu'un inventaire des objets de valeur que nous emmenions avec nous (ordinateur, appareil photo numérique, iPod, ...) s'est heureusement avéré suffisant. Après avoir payé trente dollars de racket frais de contrôle des vaccins pour le chat, nous avons donc enfin pu prendre un taxi en direction du centre-ville, moins de deux heures après notre atterrissage.

Finalement, ce parcours s'est déroulé bien mieux que je ne l'imaginais. J'ai déjà vécu des moments plus terribles avec des agents de sécurité américains considérant les guitares comme des armes de destruction massive.