Peintu-rage

  • Posté le : 18/10/2006 - 18:21
  • par : Yann

Certains peintres en bâtiment de Montréal semblent atteints d'un mal curieux qui altère leur mémoire, leur perception et la coordination de leurs mouvements. J'ai découvert un premier indice de ce fléau dans la cuisine de l'appartement que nous avons loué le mois de notre arrivée dans la tour Trylon. Malgré tous nos efforts, la porte du placard au dessus de l'évier refusait ostensiblement de rester fermée plus de deux secondes. Dès qu'on la lâchait, Elle s'entrebâillait subrepticement, au risque de fendre le crâne de la personne se levant un peu trop brutalement après avoir jeté un emballage à la poubelle. Après une étude minutieuse du meuble fautif, j'ai constaté que le crochet placé à l'intérieur de celui-ci et censé maintenir la porte fermée était recouvert d'une épaisse couche de peinture, ce qui l'empêchait de remplir son office. Quel virus était assez puissant pour brouiller l'esprit d'un ouvrier spécialisé, l'amenant à oublier qu'il faut retirer la quincaillerie d'un meuble avant de le repeindre ? A ma grande frayeur, j'ai découvert quelques semaines plus tard en voulant tester notre abonnement chez Bell Canada dans notre nouveau logement que l'épidémie s'était répandue jusqu'à la Côte-des-Neiges. La vue sans doute brouillée par une crise aiguë de cette sournoise maladie, les travailleurs qui avaient rénové l'appartement avaient partiellement bouché toutes les prises de téléphone avec de la peinture, au point qu'il fallait forcer sur la fiche pour la brancher. C'était de toute façon inutile puisque je n'avais aucune tonalité. J'ai donc appelé Bell pour les informer du souci, lesquels nous ont envoyé un technicien le lendemain. Pour régler le problème, il a suffi à celui-ci de dévisser un petit boîtier fixé à la plinthe d'un mur de l'entrée et de brancher dans ce dernier un câble qui pendait juste au dessus, exhibant fièrement trois fiches dénudées. Les badigeonneurs avaient semble-t-il retiré ce dernier pour peinturer derrière, mais avaient oublié de le replacer. Bien qu'extrêmement troublé par cette accumulation de preuves irréfutables, j'ai réussi pour un temps à me convaincre qu'aucune maladie ne sévissait dans le coin et que je tirais des conclusions hâtives de quelques coïncidences. Cette certitude s'est malheureusement effondrée ce soir, quand j'ai découvert que le bouton de la sonnette de l'entrée était soudé à son socle par de la peinture séchée, la rendant inutilisable. Depuis, je ressasse régulièrement ces interrogations angoissantes : d'où peut bien venir ce mal inquiétant qui semble diminuer les facultés psychiques de plusieurs peintres à Montréal ? Pourquoi ne toucherait-il que les peintres ? Est-il contagieux ? Dois-je me barricader avec ma table Ikea et poser un masque sur mon visage lorsqu'une personne viendra frapper à notre porte en disant qu'elle doit repeinturer le plafond ?

Commentaires

LOL !! Incroyable mais vrai !!! Petits details auxquels on ne fait pas attention lorsque c'est bien fait, mais qui peut pourrir la vie lorsque c'est mal fait..

Très drôle ton post !

Oui!

Mais ils sont fous ces Québecois ! Sinon ton enquête avance ? tu sais si c'est contagieux ? :D