Maudit Français

Le CV du worm japonais à l’iBook défectueux

Je suis retourné à la Grande Bibliothèque jeudi matin. Après m'être inscrit gratuitement et avoir obtenu ma carte, je me suis rendu au deuxième étage afin de montrer mon CV aux conseillers du service aux chercheurs d'emploi. J'avais malheureusement mal lu le site Internet indiquant que ces derniers n'étaient présents qu'entre 17h et 22h. Loin de me laisser décourager par ce contretemps, je me suis promené une bonne heure dans l'établissement, où j'ai emprunté une BD de Lauzier, des CD de Plume Latraverse, Katerine et Magyd Cherfi, deux livres en anglais sur XCode 2 et le Wifi, et un DVD de la version originelle québécoise de la série "Un gars, une fille".

Le soir, je suis allé avec Io soûper chez Yannick et Hélène, qui nous avaient préparé de bons cocktails et un non moins excellent repas japonais/laotien. Après de nombreuses heures à manger, jaser et jouer à Worms World Party, nous avons finalement dormi chez nos hôtes. Nous sommes repartis le lendemain midi en même temps que Yannick qui devait faire une démo à l'université de Montréal. Hélène avait déjà quitté à l'aurore pour se rendre à la banque où elle travaille.

Le vendredi après-midi, je suis retourné à la Grande Bibliothèque, intimement persuadé que le conseiller se contenterai de déplacer quelques virgules dans le CV que j'avais patiemment élaboré selon les consignes prodiguées lors de nos sessions d'information. C'était toutefois un peu présomptueux. Après avoir parcouru mon oeuvre avec un regard témoignant d'un enthousiasme mitigé, mon interlocuteur m'a expliqué que mon CV était trop long, redondant et pas assez accrocheur. Il m'a ensuite donné de nombreuses indications qui laissaient présager un éprouvant travail de retouches. Ravalant farouchement ma fierté et mes larmes, j'ai passé quelques heures à compulser les livres qu'il m'avait prêté afin de parfaire ma maîtrise du CV par compétences.

Lorsque je suis rentré le soir et que j'ai voulu transcrire numériquement ce travail de titan, mon iBook s'est soudainement lancé dans une transe psychédélique graphique, me donnant l'impression que je regardais canal + sans décodeur et sous acide. Quelques recherches sur Internet m'ont fait comprendre que l'ordinateur qui me seconde fidèlement depuis quatre ans appartient à une série défectueuse dont la carte graphique souffre de sénilité précoce. Je dispose théoriquement d'une chance infime de faire réparer ce dernier aux frais d'Apple, mais cela nécessitera probablement de l'immobiliser pendant plusieurs semaines. Cela tombe assez mal, car j'ai une piste sérieuse pour traduire des livres informatiques en freelance, et que mes goûts de luxe m'interdisent de rédiger sous autre chose que mon cher Mac OS X. Je me vois donc contraint de m'acheter une nouvelle machine.

Avec un peu de chance, c'est avec un magnifique MacBook que j'écrirai demain le billet consacré au festival spasm où nous sommes allés samedi. Le technophile qui sommeille en moi jubile, mais le financier fait plutôt la gueule.