Maudit Français

Malédiction oculaire

Il existe manifestement une loi divine visant à ce que je ne garde pas mes lunettes intactes au Québec. En novembre 2000, je brisais les deux verres de ces dernières en m'asseyant sur ma veste où je les avais rangées cinq minutes plus tôt. La mésaventure qui m'est arrivée hier soir ne laisse à première vue aucun doute sur l'intervention de puissances occultes, à défaut d'oculistes. Alors que j'étais impliqué dans une partie endiablée de taboo avec des amis, j'ai soudain eu la velléïté démente de nettoyer mes verres de lunettes à l'aide du bas de mon pull. En dépit de mes efforts pour la ménager, la monture s'est soudainement brisée en son milieu, me laissant avec deux morceaux de lunettes quasiment symétriques, aussi indépendants qu'inutilisables. Bien que cette perspective me branche modérément, je suis sorti aujourd'hui dans l'optique de trouver un commerçant susceptible de ressouder ces deux éléments. Malheureusement, aucun opticien de mon quartier n'est ouvert le dimanche. J'ai cru entrevoir mon salut dans la boutique de lunettes du Zellers de Plaza Côtes-des-Neiges, mais c'était loupé. Une employée à l'orgelet proéminent m'a en effet affirmé sans ciller que la réparation était impossible. Elle aurait pu faire un effort, je ne lui demandais pas de me la faire à l'oeil.