Photo:Amit Gupta
J’ai décroché ma première job à Montréal en janvier 2007, quelques semaines après avoir posté mon CV sur monster.ca. Mon rôle était de développer de nouvelles fonctionnalités pour le site web d’une grosse entreprise québécoise. Je n’étais pas directement employé par cette dernière mais par une agence de placement, prestataire à laquelle de nombreuses sociétés délèguent la sélection et le recrutement de leurs salariés en échange d’une commission. Cette approche est gagnante pour tout le monde puisqu’elle soulage à la fois la compagnie d’une tâche fastidieuse et le travailleur de 10 à 30 % de son salaire annuel, qu’il aurait certainement dépensés dans des cochonneries.
Bien que ce premier emploi m’ait été précieux pour disposer d’une première expérience professionnelle au Canada, le travail était loin de me passionner. Au bout d’un an, j’ai donc envoyé ma lettre de démission à l’agence de placement pour aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Dès qu’il a reçu ma missive, le responsable de mon dossier (que j’appellerai Edmond en guise de représailles) m’a proposé d’aller dîner à la foire alimentaire jouxtant mon lieu de travail afin de discuter plus en détails des raisons de mon départ.
Ayant l’habitude des employeurs qui ne daignent s’intéresser à mes problèmes qu’au moment où je décide de les quitter, je me doutais bien qu’Edmond aller faire quelques tentatives pour m’encourager à rester. En revanche, je ne m’attendais pas à ce qu’il use d’une telle diversité de techniques de manipulation plus ou moins éthiques pour conserver un salarié. À savoir :
Trop ingrat pour m’extasier devant l’affabilité de mon interlocuteur, je me suis empressé de demander un entretien avec la responsable du site où je travaillais pour négocier dans le dos de mon ami Edmond les conditions de mon départ. J’ai finalement accepté de partir deux mois plus tard, dont un à mi-temps, ce qui m’a permis une transition en douceur vers le nouvel emploi que j’occupe aujourd’hui. Ayant été pris de vitesse, Edmond s’est trouvé devant le fait accompli et n’a pu que prendre acte de notre entente. Ce dernier devait cependant être moins rancunier qu’il voulait me le faire croire puisque depuis mon départ, je reçois régulièrement par courriel de nouvelles offres de son agence.