Maudit Français

Rocking chair & pauvreté

Bien que je me sente aussi fringant qu'une chauve-souris sous méthamphétamine, je réfléchis de plus en plus souvent à la question de ma retraite. Vivre depuis quelques années au Québec n'est sûrement pas étranger à ce phénomène. En France, les jeunes qui entrent aujourd'hui dans la vie active gardent une infime chance de toucher une pension de plus de 50 % de leur salaire lorsqu'ils partiront à la retraite à 117 ans. Les résidents québécois ne peuvent quant à eux attendre qu'un maximum de 40 % des gouvernements provincial et fédéral.

Ces derniers encouragent donc fortement les travailleurs à épargner et placer de l'argent afin d'atteindre le chiffre magique de 70 %, censé leur garantir un niveau de vie identique à celui qu'ils avaient avant de quitter le monde professionnel, à moins que leur désoeuvrement soudain les amène à plonger dans la spirale infernale et ruineuse du bingo, du télé-achat ou du golf miniature. Les contribuables peuvent ainsi bénéficier de plusieurs avantages fiscaux aux doux noms de REER et CELI pour les inciter à jouer aux George Soros des bacs à sable, sans payer trop d'impôts.

Ces mesures semblent toutefois ne pas avoir l'effet escompté. Selon la Régie des rentes du Québec, 38 % de la population active québécoise n'aurait aucune épargne en vue de la retraite. Ce chiffre a au moins le mérite de me montrer que je ne suis pas le seul inconscient qui sera contraint de poser sur les sites de webcam érotiques section "mature" le jour où il sera trop fatigué ou trop has been pour faire autre chose. Les choses sont d'ailleurs plus compliquées pour les gens comme moi qui ont immigré au Québec après avoir travaillé plusieurs années en France, ce que je traiterai dans un prochain billet.