La retraite des veaux

  • Posté le : 13/04/2011 - 12:31
  • par : Yann

Comme je l'évoquais dans un précédent billet, la planification de la retraite dans la Belle Province est plus complexe pour les mangeurs de fromages qui puent que pour les Québécois pure haleine. À moins d'avoir amassé l'argent nécessaire à leur immigration durant leurs études en travaillant au Mc Donald à mi-temps ou en revendant de la drogue (voire en revendant de la drogue à mi-temps au Mc Donald), la plupart des Français qui s'installent au Québec ont déjà travaillé plusieurs années dans leur pays d'origine.

Ces années ne sont évidemment pas prises en compte par la Régie des rentes du Québec, ce qui oblige tout immigré à cotiser de zéro au système local. La caisse des retraites française permet théoriquement de toucher une pension au prorata des cotisations déjà versées, et même de continuer à cotiser en vivant à l'étranger, mais il faut beaucoup d'optimisme pour compter dessus. À voir les nombreuses difficultés qui attendent tout individu qui demande des prestations à l'administration française en habitant sur place, il est légitime de s'inquiéter quand on vit de l'autre côté de l'Atlantique.

Le concept de retraite par répartition est par ailleurs très ancré dans l'esprit des Français, ce qui les rend encore plus rétifs que les Québécois à épargner pour leurs vieux jours. J'apprécie moi-même très modérément d'être obligé de chercher des placements financiers en plus de mes cotisations pour avoir une chance de vivre une retraite décente. Un point positif est que le coût de la vie à Montréal s'avère nettement moins élevé qu'à Paris où je vivais auparavant. Ayant exclu de ma vie de nombreuses sources de dépenses inutiles telles que l'automobile, la télévision par câble et les enfants, j'arrive ainsi à mettre un peu d'argent de côté, en dépit du fait que je travaille à temps partiel et que je vive avec une étudiante qui ne vend même pas de drogue.

Fort de ce constat et en tant qu'hérétique totalement imperméable aux nobles valeurs du capitalisme, je me demande parfois si je ne devrais pas compter uniquement sur les prestations gouvernementales et mes économies pour assurer mes vieux jours. Me contenter d'investir ces dernières dans un bon vieux CPG pour compenser l'inflation ne me paraît pas moins raisonnable que de miser sur des fonds plus risqués, qui ont davantage de chances de financer la piscine de mon conseiller financier que ma retraite.

Commentaires

C'est un plaisir de découvrir " Maudit Français " , apparemment j'ai 10 ans à rattraper, mais tes mots d'humour rendront la tâche facile .

A bientôt !